Titre de l'article
LA RELATION « POUVOIR-SERVITUDE » À L’ÉPREUVE DE LA GOUVERNANCE MÉDICALE ET HOSPITALIÈRE : CAS DU CHU D’OWENDO (GABON)
Auteur.e.s
Steeve Elvis ELLA
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Résumé de l'article
La gouvernance médicale et hospitalière pose deux problématiques. La première
concerne l’expérience clinique de la maladie qui gouverne le corps humain par un mal
d’origines diverses ; la seconde renvoie à un ordre institutionnel à l’intérieur duquel le sujet
malade est gouverné par le pouvoir du soignant sous le mode de l’obéissance et de la servitude.
Le malade ignore de quoi il souffre, et sa seule certitude demeure la soumission à un mal subi,
tout autant qu’il est sous la servitude d’une institution – l’hôpital – qui donne trop de pouvoir
au soignant au motif qu’il sait, qu’il sait-faire, tout en manquant peut-être de savoir-être. En
enquêtant sur les pratiques soignantes dans deux services du centre hospitalier universitaire
d’Owendo (Gabon), en interrogeant les praticiens et leurs patients, il ressort que la
gouvernance médicale et hospitalière est dominée par une relation « pouvoir-servitude » dans
laquelle la maladie exerce un pouvoir d’assujettissement sur notre corps, et où le patient
occupe une position d’objet de soins au lieu de sujet de soins. Grâce à la méthode
phénoménologique et d’analyse de contenus issue des entretiens semi directifs avec les patients
et les soignants, les objectifs de cette étude consistent à montrer que, d’une part, le malade
constitue un acteur de la gouvernance institutionnelle par le corps, et d’autre part que l’éthique
et la déontologie doivent mobiliser leurs efforts pour reconfigurer la gouvernance de
l’institution hospitalière à travers le pacte de confiance.
Mots-clés : CHU d’Owendo, Confiance, Ethique, Gouvernance médicale, « Pouvoir-
servitude ».
