Titre de l'article
Auteur.e.s
Résumé de l'article
Les débats contemporains sur la gouvernance pénale interrogent la capacité des États à concilier sécurité, justice et dignité humaine. La prison apparaît comme un espace de normalisation où s’exercent contrôle des corps et production de marginalité, menaçant un développement humain inclusif. À partir de Le Condamné à mort de Jean Genet, cette étude ambitionne de montrer de quelles manières la poésie peut construire une contre-gouvernance symbolique, réhabilitant le condamné comme sujet digne et souverain dans le langage. La recherche combine une approche sociocritique, inspirée des analyses du pouvoir disciplinaire de Michel Foucault, et une analyse stylistique attentive aux procédés d’énonciation, au lexique de souveraineté et à la mise en scène du corps condamné. L’analyse révèle que la gouvernance pénale tend à déshumaniser l’individu en le réduisant à une existence administrée. La poésie génétienne renverse cette logique en donnant voix, visibilité et autorité symbolique au condamné. La prison devient ainsi un lieu de résistance et de reconfiguration du sensible, mettant en lumière les limites éthiques de la gouvernance pénale et proposant une redéfinition symbolique de la dignité humaine et de la valeur des vies marginalisées.
