Revue PTR-GD

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SPINOZA OU LA DÉCONSTRUCTION DES MORALES INSTITUÉES : LECTURE CRITIQUE DE L’ÉTHIQUE SPINOZA OR THE DECONSTRUCTION OF INSTITUTED MORALITY: A CRITICAL READING OF THE ETHICS

Auteur.e.s

SAMA François
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Résumé de l'article

Résumé Ce travail propose une lecture complète de la critique spinozienne de la morale, en insistant sur son refus des fondements transcendants et hétéronomes. Spinoza ne se contente pas de rejeter la morale chrétienne fondée sur la soumission à un Dieu juge ; il en dévoile les ressorts affectifs – peur, espérance, culpabilité – qui aliènent l’homme à des puissances imaginaires. Face aux morales du renoncement, qu’elles soient religieuses, stoïciennes ou cartésiennes, il élabore une éthique fondée sur la connaissance rationnelle des causes et la transformation des affects. Contrairement aux stoïciens, il ne prône pas l’extinction des passions, mais leur réorientation vers une joie active. Contre Descartes, il nie l’autonomie d’une volonté libre et affirme que la liberté réside dans la compréhension de la nécessité. Ainsi, l’éthique spinozienne est un exercice d’intelligence et de puissance, non d’obéissance ni de renoncement. Elle place l’homme dans l’immanence du réel et fait de la béatitude non un salut, mais une intensité de vie. En ce sens, elle représente une rupture décisive avec les morales de la transcendance et fonde une pensée, une éthique radicalement moderne de l’autonomie. Mots-clés : Connaissance, Éthique, Liberté, Morale, Rationalité. Abstract This work offers a comprehensive reading of Spinoza's critique of morality, focusing on his rejection of transcendent, heteronomous foundations. Spinoza not only rejects Christian morality based on submission to a judging God, but also exposes its affective springs - fear, hope, guilt - which alienate man from imaginary powers. Faced with morals of renunciation, whether religious, Stoic or Cartesian, he develops an ethic based on rational knowledge of causes and the transformation of affects. Unlike the Stoics, he does not advocate the extinction of passions, but their redirection towards active joy. Against Descartes, he denies the autonomy of a free will and asserts that freedom lies in the understanding of necessity. Thus, Spinozian ethics is an exercise in intelligence and power, not obedience and renunciation. It places man in the immanence of reality, and turns beatitude not into salvation, but into an intensity of life. In this sense, it represents a decisive break with morals of transcendence and founds a radically modern thought, a radically modern ethics of autonomy. Keywords : Knowledge, Ethics, Freedom, Morality, Rationality.

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Date

31-10-2025

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